M Desseaux, un résistant-déporté

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Christian avait 16 ans lorsqu’en 1942 il est entré dans la Résistance près de Paris  .  C’est ce parcours qu’il racontait inlassablement aux élèves de 3ème du collège Jean Mermoz tout comme à des milliers d’autres chaque année depuis 2002 .  

Il racontait  le souvenir le plus émouvant  de sa jeunesse au sein des « Bleuets », un groupe de jeunes : ce moment où, en pleine nuit, dans la forêt de Compiègne, il avait vu des dizaines de parachutes blancs descendre lentement du ciel, au clair de lune, après un largage clandestin d’armes venues de Londres .Mais soudain le ton se faisait pus grave pour raconter les épreuves terribles qu’il a endurées suite à sont arrestation,à 17 ans, après dénonciation le 14 Juillet 1943 : la torture abominable par la Gestapo , l’internement à Royalieu et puis le voyage vers l’enfer, dans un wagon à bestiaux destination Buchenwald : un des plus grands camps de concentration nazi .

Il avait du mentir et se déclarer ouvrier spécialisé  pour échapper à la mort alors qu’il était enfermé dans l’usine de construction des fusées V2 dans le tunnel de Dora .

Après plusieurs mois de travail dans des conditions inhumaines, il avait été évacué dans une « marche de la mort », parqué à Ravensbrück d’où il était sorti profondément et durablement choqué par les traitements effroyables réservés aux femmes  prisonnières . Enfermé dans une grange incendiée, il s’était échappé miraculeusement par une lucarne . A son retour en France, à 19 ans, il était en très mauvaise santé et a mis des années à s’en remettre . C’est beaucoup plus tard qu’il a décidé de témoigner auprès des jeunes pour perpétuer la mémoire, conscient de l’importance et de l’urgence de cette mission. 

Il terminait toujours ses interventions en exhortant des élèves souvent en larmes par ces mots « Vous ne pouvez pas savoir comme elle est belle la vie ! »

Mr Christian Desseaux nous a malheureusement quitté au début du mois d’avril, à l’âge de 93 ans, laissant aux adultes et à des générations de collégiens le souvenir ému et plein de gratitude d’une rencontre inoubliable . 

Publié le 13/02/2020
Modifié le 13/02/2020